Soutenance de thèse

Jérémie BEGUE

18 décembre à 15h en amphithéâtre 120D

Résumé

Pour comprendre l’étiologie des chutes chez la personne âgée, les études menées dans le domaine de la biomécanique se sont principalement attachées à évaluer les capacités d’équilibre en s’appuyant sur l’analyse des mouvements linéaires du corps. Cependant, le maintien de l’équilibre au cours de nos différentes tâches motrices nécessite à la fois un contrôle approprié des mouvements linéaires et des mouvements angulaires (de rotation) des segments corporels. Ainsi, ce travail doctoral vise à identifier et comprendre les modifications du contrôle des mouvements angulaires du corps chez les personnes âgées à travers l’étude du moment cinétique du corps, qui est reconnu comme étant un paramètre mécanique hautement contrôlé par le système nerveux central pour le maintien de l’équilibre. Nos études mettent en évidence qu’au cours de la tâche d’exécution du pas volontaire, les personnes âgées présentent une modification dans le contrôle du moment cinétique du corps. Globalement, nos résultats montrent que les personnes âgées ont une amplitude du moment cinétique du corps plus importante que des individus jeunes - en particulier dans le plan sagittal -, et que cela est exacerbé avec l’augmentation de la vitesse d’exécution du mouvement (ou de progression). En outre, nos résultats mettent en exergue que cette modification dans le contrôle du moment cinétique du corps avec l’âge est directement imputée aux changements au niveau des moments cinétiques segmentaires, avec les personnes âgées présentant des moments cinétiques du tronc et des membres inférieurs plus élevés que les adultes jeunes. Pour finir, nous avons observé une relation entre l’amplitude du moment cinétique du corps au cours de la tâche d’exécution du pas volontaire et des mesures de force musculaire et d’équilibre chez des participants jeunes et âgés. Ces résultats suggèrent que les modifications dans le contrôle du moment cinétique du corps avec l’âge, qui pourraient imposer une plus grande difficulté pour le contrôle de l’équilibre et potentiellement un plus grand risque de chute lors de la tâche d’exécution du pas volontaire chez la personne âgée, peuvent être en partie attribuées à la perte de force musculaire des membres inférieurs et à la détérioration des autres systèmes impliqués dans le contrôle de l’équilibre avec le vieillissement. Ensemble, nos travaux concourent à une meilleure compréhension des mécanismes sous-jacents l’altération du contrôle de l’équilibre chez la personne âgée et offrent une base à de futures études visant à réduire l’incidence des chutes au sein de cette même population.